Réflexions sur le panel du transport routier du CITT à Calgary
Commentaire d’Angela Splinter, cheffe de la direction
L’un des points forts de la conférence Canada’s Logistics Conference du CITT est l’occasion de réunir des leaders de tous les secteurs de la chaîne d’approvisionnement afin de discuter des enjeux qui façonneront l’avenir de notre industrie.
Alors que plusieurs séances ont exploré le paysage logistique dans son ensemble, le panel sur le transport routier a offert un regard ciblé sur les défis et les possibilités qui influencent aujourd’hui le mouvement des marchandises sur les routes canadiennes. Le transport routier demeure l’épine dorsale de la chaîne d’approvisionnement du Canada, reliant tous les modes de transport et toutes les régions du pays.
J’ai eu le privilège d’animer la discussion qui a eu lieu lors de la conférence du CITT à Calgary en juin, en compagnie de trois leaders respectés de l’industrie : Mike Millian, président du Conseil des camions moteurs privés du Canada; Robert Harper, président de l’Association des transports routiers de l’Alberta; et Katerina Balog, directrice du développement des affaires chez GLS Canada.

Nous avons abordé les tarifs douaniers, les défis liés à la main-d’œuvre, l’intelligence artificielle, la durabilité, la compétitivité et l’avenir de l’industrie. Mais ce qui m’est resté de cette séance ne concernait pas un sujet en particulier. C’était plutôt la fréquence à laquelle la conversation revenait aux mêmes thèmes fondamentaux : les personnes, le leadership, la responsabilisation et la collaboration.
S’adapter à une nouvelle réalité
La discussion a débuté par l’incertitude à laquelle notre industrie est confrontée aujourd’hui.
Qu’il s’agisse des tarifs douaniers, de l’évolution des relations commerciales, des pressions économiques, de la complexité réglementaire ou des attentes changeantes des clients, les leaders du secteur du transport prennent des décisions dans un environnement de plus en plus difficile.
Ce qui est ressorti de la discussion, c’est la reconnaissance que les organisations ne peuvent pas se permettre de rester immobiles. Le succès dépend de leur capacité à s’adapter, à réagir au changement et à continuer d’offrir de la valeur malgré des facteurs qui échappent souvent à leur contrôle.
Pour les transporteurs, les expéditeurs et les fournisseurs de services, l’agilité est devenue une capacité organisationnelle essentielle.
La conversation sur la main-d’œuvre est passée au-delà des pénuries
Depuis des années, notre industrie parle de pénurie de main-d’œuvre. Cette conversation demeure importante, mais elle ne suffit plus.
Les panélistes ont abordé un enjeu plus vaste : comment créer des milieux de travail où les gens souhaitent rester, évoluer et contribuer.
La culture organisationnelle, le leadership, la transparence, l’inclusion et le perfectionnement des employés sont revenus à maintes reprises dans les échanges. Le message était clair. Les organisations qui prospéreront ne seront pas celles qui se contentent d’embaucher du personnel. Ce seront celles qui investiront dans leurs employés.
Cela est important parce que les attentes de la main-d’œuvre ont changé. Les employés recherchent plus qu’un simple emploi. Ils recherchent un leadership solide, des possibilités d’avancement, du respect et une culture de travail qui favorise la réussite.
Pour une industrie qui dépend autant des personnes, il ne s’agit pas d’un enjeu secondaire. C’est un élément central de sa compétitivité à long terme.
La technologie ne remplace pas la responsabilisation
Sans surprise, l’intelligence artificielle et les technologies émergentes ont fait partie de la discussion.
Il ne fait aucun doute que la technologie offre un immense potentiel pour améliorer la sécurité, l’efficacité, la visibilité et la prise de décisions dans l’ensemble de notre industrie.
Toutefois, le panel a également mis en lumière un point crucial : la technologie ne remplace pas la responsabilisation.
Un membre de l’auditoire a d’ailleurs très bien résumé cette réalité dans une publication LinkedIn après la séance, soulignant que même lorsque les entreprises utilisent l’IA pour surveiller les comportements de conduite, elles ne peuvent pas s’appuyer uniquement sur la technologie pour gérer les risques et limiter leur responsabilité.
C’est exactement le bon message. La technologie peut fournir des renseignements précieux. Elle peut cerner des tendances. Elle peut soutenir une meilleure prise de décisions. Toutefois, le leadership, la supervision et la responsabilisation demeurent entre les mains des personnes.
À mesure que les organisations continuent d’investir dans l’IA et d’autres outils, la véritable question ne sera pas simplement de savoir si elles disposent de la technologie. Il faudra plutôt se demander si elles l’utilisent de façon responsable, réfléchie et intégrée à de solides pratiques opérationnelles.
La durabilité exige une responsabilité partagée
La durabilité demeure une priorité croissante dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. En même temps, les transporteurs font face à des pressions réelles liées aux coûts, à la concurrence et aux réalités opérationnelles.
La discussion a clairement démontré que les progrès en matière de durabilité ne peuvent pas reposer uniquement sur les transporteurs.
Ils exigent une collaboration à l’échelle de toute la chaîne d’approvisionnement.
Les expéditeurs, les clients, les transporteurs et les partenaires de l’industrie ont tous un rôle à jouer pour soutenir un système de transport sécuritaire, efficace, concurrentiel et durable.
Un point qui a particulièrement trouvé écho auprès de nombreux participants concernait la tarification. Lorsqu’un transporteur offre des tarifs nettement inférieurs à ceux du marché, les expéditeurs devraient se demander pourquoi.
Les utilisateurs de services de camionnage devraient se poser la question suivante : quels investissements ne sont peut-être pas reflétés dans ce tarif?
La conformité réglementaire, la formation, le perfectionnement de la main-d’œuvre, la technologie et les initiatives de durabilité entraînent tous des coûts. Un secteur du transport en santé dépend de la reconnaissance de la valeur associée à ces investissements.
Le leadership définira la prochaine décennie
Pour conclure le panel, j’ai demandé à chaque panéliste ce qu’il espérait voir notre industrie discuter dans dix ans, plutôt que de revenir aux mêmes défis dont nous parlons encore aujourd’hui.
Leurs réponses reflétaient des perspectives différentes, mais elles pointaient toutes dans la même direction : une industrie plus professionnelle, plus innovante, plus adaptable et davantage axée sur les personnes.
En écoutant ces trois leaders provenant de différents segments de l’industrie, j’ai été frappée par la fréquence à laquelle ils arrivaient à la même conclusion.
- La technologie est importante.
- La durabilité est importante.
- Les conditions économiques sont importantes.
Mais le succès à long terme repose toujours sur les personnes, la responsabilisation, le leadership et des partenariats solides.
Ces idées ne sont pas nouvelles. Pourtant, elles sont peut-être plus importantes aujourd’hui que jamais. Les défis auxquels notre industrie est confrontée continueront d’évoluer. Les fondements d’un leadership solide, eux, demeureront inchangés.ership will not.
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